EAGQIV-Siraj Wahaj

SIRAJ WAHAJ

(Un musulman américain exemplaire)

Depuis plusieurs années, les activités de la Da´awa (appel à l´Islam) des musulmans étaient centrées autour des associations estudiantines. L’association des étudiants (MSA) était un centre qui rassemblait les étudiants musulmans étrangers résidant aux Etats-Unis. Ceux-là déployaient des efforts remarquables dans la propagation de l’Islam, la construction des mosquées et des écoles. Après que ces jeunes aient terminé leurs études, certains ont eu la nationalité américaine pour des raisons diverses. Pour protéger leurs identités islamiques, et favoriser les dialogues entre les musulmans des différentes villes, ils ont pu créer des associations au niveau des Etats.

J’avais eu l’honneur d’être membre du conseil exécutif dans l’une de ces associations au niveau des Etats-Unis, o? j’ai eu l’occasion de rencontrer  dans nos reunions hebdomadaires l’Imam Siraj Wahaj, noir américain et membre du conseil. L’ordre du jour de nos réunions était généralement très long, et nous donnait moins de temps de débattre pour d’autres choses. Mais une fois, nous avons eu l’occasion de nous retrouver pendant le repas, et j’ai eu la curiosité de lui demander comment avait-il embrassé l’Islam? Il m’a raconté son histoire comme suit:

“J’étais membre de ce que nous appelions (Mouvement des musulmans noirs) un mouvement innovateur très loin des croyances et pratiques d’Ahlous Sounnah, et n’a de l’Islam que le nom. Une fois l’Association islamique de l’Amérique du Nord (MSA) a organisé une colonie de vacances dans notre ville, et j’y avais pris part. Les cérémonies commencèrent par la lecture psalmodique de quelques versets du Coran par un frère du Soudan. Malgré que je ne connaissais rien de l’arabe à cette époque, je fus très affecté par sa lecture, et plus il lisait le Coran, plus mes larmes se versaient, et pourtant je ne comprenais pas un seul mot de la langue arabe. Après avoir  repris mon calme, je me suis dit que ce que j’ai entendu était une vérité, d’o? qu’elle provienne. C’est ainsi le debut de ma guidance à l’Islam et à la Sounna”

Après cet incident, il s’est engagé à apprendre l’arabe, le Coran et le hadith. Et en peu de temps, il est devenu Imam de la mosquée de Takwa à New York. Ses sermons de Vendredi étaient impressionnants, et plusieurs personnes ont embrassé l’Islam par le biais de Siraj.. Il est devenu plus tard parmi les grands prédicateurs sur le plan national, suivi par beaucoup de musulmans et de noirs de New York en particulier, et il était aussi  membre de plusieurs associations islamiques travaillant  au niveau de l’Amérique toute entière.

Je lui avais aussi posé la question de savoir son point de vue sur les efforts des musulmans pour la Da´awa en général. Il m’a répondu: “Désolé, plusieurs musulmans sont atteints de la paresse, et le fruit de leurs efforts pour la dawa est très petit, alors que les autres font des grands efforts pour répandre leurs mensonges. Lorsque j’étais membre du mouvement des musulmans noirs, je restais debout durant des heures pour vendre la totalité des journaux du mouvement que je possédais. Et il m’arrivait parfois de tomber de fatigue, malgré mon jeune âge.  Les musulmans parlent beaucoup mais travaillent peu” A ce mot, l’heure de repos était finie, et nous sommes revenus à la réunion.

La mosquée Takwa dirigée par le frère Siraj se situe dans l’un des quartiers de New York, qui, avant était un centre de vente de drogue, de nuit comme de jour. Ses détenteurs, très riches, avaient dominé le quartier. Très dangereux, ils tuaient leurs ennemis et toute personne voulant s’ingérer dans leurs affaires. Lorsque les effets dévastateurs de ces derniers ont commencé à atteindre les habitants du quartier, l’Imam Siraj s’est mis à enquêter sur les chefs des narco-trafiquants de drogues à travers les nouveaux convertis qui étaient leurs anciens collaborateurs. Puis il a rassemblé une centaine de musulmans forts du quartier, qui, ensemble ont rendu visite aux chefs des cartels de la drogue, un à un, leur transmettant le message suivant: “ Tu dois quitter ce quartier dans les vingt quatre heures qui suivent, ou bien nous allons te combattre”. Et lorsque le chef de drogue posait la question: “Pourquoi vous nous combattez et vous nous empêchez de gagner notre gain  habituel alors que nous ne vous avions enviés?”, la réponse était celle-ci: “Il n’y a pas de place pour la drogue dans la communauté musulmane”. Lorsque ces chefs ont remarqué l’engagement de Siraj et les siens, ils étaient obligés de quitter le quartier, qui est purifié de tous les narco-trafiquants de drogues. C’est ainsi que l’Imam Siraj a réalisé ce que ni l’Etat de New York, ni les Etats Unis n’ont pu réalisé dans leurs luttes contre la drogue malgré les différents moyens mis en oeuvre. La nouvelle était très étrange au point que l’une des chaînes de télévision nationale a enquêté sur le sujet, et le présentateur a posé au frère Siraj les questions parmi lesquelles : “Comment avez-vous pu réaliser un tel succès, et pour quel but? Siraj a répondu:  “L’Islam est incompatible avec l’affaire de drogue. Et les musulmans ne peuvent pas se taire sur ces maux qui minent la société. La sincérité et la fermeté furent nos armes dans cette lutte.”

Imam Siraj ménage des efforts particuliers pour venir au secours des musulmans aux Etats -Unis et au Canada, et rassemble des dons pour la construction des mosquées et des écoles, en encourageant les gens avec son accent attirant et son franc parler qui font précipiter ces derniers à cette action de charité. Il a toujours avec lui, pour gagner son temps, un Coran ou un livre de hadith qu’il lit partout o? il se trouve; dans la salle d’attente comme dans l’avion. Il est tellement respecté à l’intérieur qu´à l´extérieur des Etats-Unis. Je me rappelle lorsque j’ai fait la Oumra dernièrement, j’ai rencontré un groupe des frères américains qui m’ont informé que l’Imam Siraj était l’un des invités à la Mecque à l’occasion du lavage et de l’habillement de la Kaaba.

La dernière fois que j’ai écouté son discours, c’était lors des campagnes présidentielles aux Etats-Unis, période à laquelle se frustraient les candidats Bill Clinton, Georges Bush, et Ross Perro. Certaines associations islamiques essayaient de convaincre les fidèles à voter pour tel ou tel candidat. Les gens écoutaient donc impatiemment les sermons des dirigeants musulmans. Mais lorsque Siraj monta sur la chaire, après avoir remercié, loué Allah et mis le salut et la paix sur le Prophète (r), il dit: “J’ai été très surpris en lisant le Coran hier, de le trouver parler de George Bush, Bill Clinton et Ross Perro. Le Coran a parlé de tous ces trois dans ces premières pages, lorsqu’Allah dit dans la Sourate la vache, verset 18:{Sourds, muets, aveugles, ils ne peuvent donc pas revenir de leur égarement}; Leurs oreilles n’entendent pas la vérité, leurs langues ne la disent pas, et leurs yeux ne la voient pas, …comment peut-on donc attendre la guidance et le bien de ces personnes?

Parler sur Siraj à lui seul, ses efforts et son engagement,  nécessitent un livre complet. Qu’Allah l’aide et l’assiste dans ses bonnes actions! Amine!

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